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Personnage
L'éphore de Septimont. Le soleil éternel brille à jamais, et une bannière sous laquelle la défaite n'existe pas. Elle arrive. Elle voit. Elle conquiert. Brandissant sa lame, elle attend son prochain adversaire, ou le destin qui prétend ne pas pouvoir être défié.
[Extrait du █████ Rapport physique des participants à l'agôn] Nom : Augusta La résonance de cette participante s'est manifestée à son enfance, presque à sa naissance. On la soupçonne d'être une Résonatrice congénitale. La Marque taciturne de la participante Augusta se situe au dos de sa main gauche. À l'activation, elle peut générer et manipuler un champ magnétique d'un rayon d'environ dix mètres et centré autour d'elle. Plus elle maîtrise son Forte, plus elle est à même de contrôler et de remodeler les matériaux comme le fer, le cobalt et le nickel. Cependant, selon son témoignage personnel et les données de test, son Forte semble avoir atteint sa limite de développement, son rayon de dix mètres marquant sa limite haute pratique. « C'est une Résonatrice congénitale rare, pourtant son Forte possède une capacité de soutien minime en combat. Le meilleur mot pour le décrire est certainement « quelconque ». Que quelqu'un comme elle se fasse un nom dans l'agôn... C'est aussi peu plausible que le soleil se levant en pleine nuit. Digne d'un roman fantastique. » — Extrait des notes d'un examinateur médical La Marque taciturne gravée sur le dos de sa main depuis son enfance était à la fois un don du ciel et une cruelle plaisanterie. Autrefois, son faible Forte l'entravait, mais elle a brisé ces chaînes depuis longtemps. Pas à pas, elle gravit les marches du trône, prouvant au monde que même une enfant des rues peut briller aussi fort qu'un soleil de plomb.
[Rapport médical annuel du Palais de l'éphore — Accès vérifié] Le graphisme en forme d'onde du sujet montre des fluctuations elliptiques. Le Domaine Temporel est régulier ; il ne montre aucune fluctuation elliptique. Les résultats du test se situent dans la fourchette de phase normale. Criticité de la Résonance : le sujet présente un risque minime d'overclocking. À en juger par l'intensité de la forme d'onde, le potentiel d'overclocking peut être écarté. Les informations ne suggèrent aucun passif d'overclocking, et une assistance psychologique n'est pour le moment pas jugée nécessaire. « Chaque fois qu'on fait ça, j'ai l'impression de vérifier combien je mesure en tant qu'adulte, ce qui est... assez embarrassant. » « Pourtant, quand il s'agit de tests physiques, vous n'êtes pas sans surprises. Enfin, il serait plus juste de dire que vous choquez les fabricants des équipements de test... » « Haha, vraiment ? »
L'éphore de Septimont. Le soleil éternel brille à jamais, et une bannière sous laquelle la défaite n'existe pas. Elle arrive. Elle voit. Elle conquiert. Brandissant sa lame, elle attend son prochain adversaire, ou le destin qui prétend ne pas pouvoir être défié.

Augusta – Tenue par défaut
Une armure qui scintille sur le sang et le sable, forgée à partir du fer le plus solide de tout Septimont. Lorsque le soleil ardent frappe sa surface, son éclat révèle le véritable visage de la splendeur.
« Cling ! » Alors que l'épée fut arrachée de sa main, la conscience de la jeune fille fut également plongée dans le chaos. Une chaleur parcourut ses membres. Puis vint l'engourdissement. Ses nerfs cédèrent l'un après l'autre, la plongeant dans des ténèbres aussi froides que silencieuses. Elle ne savait plus combien de fois elle avait été mise à terre. Elle ne savait pas combien de fois encore elle devrait se relever. La peur commença à l'envahir. Elle enveloppa sa volonté faiblissante tel un cocon de soie. Elle avait peur. Peur de périr sans avoir accompli quoi que ce soit. Peur de se retrouver sur une voie sans retour possible. « Accepte cette sensation, Augusta... » Cette voix résonna à son oreille, déchirant les ténèbres tel un éclat de lumière dans le néant. « Apprends la peur. Apprends l'effroi. Voilà ta toute première leçon... » « Apprends à accepter ta faiblesse. Ce n'est qu'en connaissant la faiblesse que tu peux comprendre la force. » « Ce n'est qu'en goûtant à la défaite que tu peux saisir la valeur de la puissance... » « Le chemin vers la gloire n'a pas été tracé pour toi. Mais si tu en atteins le bout, personne ne se souciera du nom que tu portais au début. » « La volonté de devenir une héroïne... suffit pour commencer à en devenir une... » « Alors, suis ce chemin, Augusta... Tu n'as pas d'autre choix. Et tu n'as besoin d'aucun autre choix. » « Ne poursuis pas la lumière tel un papillon de nuit. Sois le soleil éblouissant que personne n'ose regarder. » « Maintenant, lève-toi, Augusta » Les murmures déchirèrent son cocon d'effroi, la laissant à nouveau nue dans les ténèbres glaciales. Le froid mordit le peu de volonté qu'il lui restait, puis... Elle se leva. Ses jambes flageolaient. Ses pieds se traînaient l'un derrière l'autre. Elle tendit la main vers son épée. Puis elle la ramassa. Et elle défia à nouveau le gladiateur du nom de Cato. À partir de cet instant... Elle brandissait sa toute première victoire telle une lame, traçant son chemin vers la gloire.
La confrontation. L'observation. Le coup final. Puis vinrent le verdict, les applaudissements et les encouragements. Elle ignora les regards incendiaires et s'en alla sans se retourner. Quelque part en chemin, Augusta avait perdu toute passion pour les victoires sans mérite. Elle voulait une pierre à aiguiser. Quelqu'un qui affûterait sa lame. Mais à Septimont, ce genre d'adversaires se faisait rare. « Ça ne suffit pas... C'est encore loin de suffire... » « Deux coups pour contrer son attaque. Un pour briser sa défense. Un coup final pour l'achever. » « Un adversaire d'un tel niveau... J'aurais dû mettre un terme à ce combat en quatre coups... » Augusta était assise seule dans le salon, étudiant les failles de sa performance. « Inutile de te précipiter, Augusta... » « Tu possèdes déjà l'état d'esprit des puissants. C'est une bonne chose... » « Chercher des ouvertures, s'en remettre à la chance, c'est ainsi que se battent les faibles. Pour les puissants, la victoire n'est jamais l'objectif. Ce n'est que le début. » Elle entendit le murmure, comme d'habitude. Il était tel un mentor, patient, mais ferme. Un ancêtre convaincant qui se manifestait pour la conseiller lorsqu'elle en avait le plus besoin. « Les puissants... ? » Augusta serra le manche de son épée, la voix empreinte d'incertitude. « Suis-je... vraiment devenue l'une d'entre eux ? » « Sans aucun doute, Augusta. Tu n'es plus cette petite fille sans défense. » « Puise la moindre once de valeur des faibles. Laisse les plus forts te nourrir. » « Gravis leurs corps entassés et empare-toi du trône qui t'est destiné... » « … ! » Comme transpercée par un éclat de glace, les yeux d'Augusta s'écarquillèrent. « Qu'y a-t-il, Augusta ? » « Rien. Je... » Elle plaça sa main sur son visage, les sourcils froncés, essayant de se souvenir. « Je... n'arrive même pas à me souvenir à quoi ressemblait mon adversaire aujourd'hui... » Quelques jours plus tard, Augusta reçut une invitation pour les assister aux combats des fosses souterraines. Elle s'y était autrefois retrouvée lorsqu'elle était gladiateur. Ils l'accueillaient désormais comme une invitée de prestige, côtoyant la noblesse. « Accepte, Augusta. Élargis tes horizons. Ce n'est qu'en sortant de ta petite cage que tu pourras atteindre les sommets de Septimont. » Elle voulait refuser. Mais en fin de compte, elle écouta le murmure. Alors elle resta assise, raide, dans un siège moelleux auquel elle n'était pas habituée, répondant aux commentaires de la haute société par des phrases polies qui ne lui ressemblaient pas. Embarrassée, elle tourna son regard vers l'arène en contrebas. C'est alors qu'elle remarqua, derrière les barreaux de fer, bien plus de gladiateurs que nécessaire pour un combat ordinaire. « Augusta, notre vedette ! » dit le noble assis à ses côtés. « Tout le monde espère qu'un adversaire digne de toi se révélera pour t'affronter. Hélas, nous ne l'avons pas encore trouvé. » « Alors, nous avons préparé quelque chose de spécial. Un agôn comme jamais auparavant. Aucune règle, aucune limite. Chacun pour soi, jusqu'à la mort ! » Un certain malaise traversa la poitrine d'Augusta, gagnant doucement son sang. « Regarde, Augusta ! Ceux qui attendent pour entrer. Tu les as déjà battus auparavant. Tous. » « Ils ont à présent une seconde chance. Une chance de combattre à nouveau. De gagner le droit de t'affronter une fois de plus. » « Et ce droit... est réservé à l'ultime survivant. » Sa tête se mit à bourdonner. Elle entendait son sang battre contre ses tympans. « Profite du spectacle, Augusta... » lui souffla le murmure. « Profite du festin préparé pour toi. Un droit que seuls les puissants possèdent... » « Le droit... des puissants... » Son chuchotement se heurta à la voix du murmure, tels deux silex qui s'entrechoquent, allumant une flamme en elle. Elle embrasa son sang. Elle embrasa ses doutes et les questions qui la rongeaient depuis longtemps. « Cela n'est pas nécessaire... » La Marque taciturne au dos de sa main s'illumina. Une bourrasque transperça l'air. Sa lame vola droit dans sa main. Bouche bée, les nobles virent Augusta se lever de son siège et sauter dans l'arène. « Si vous souhaitez m'affronter, inutile d'en gagner le droit ! » Elle planta son épée dans le sol, sa voix retentissant dans toute l'arène. « Si vous partagez le même rêve, que votre épée désigne celui que vous aspirez le plus à battre. Maintenant ! » Sur ces paroles, les portes en acier s'ouvrirent. Les gladiateurs entrèrent un par un et l'encerclèrent. À cet instant, des souvenirs envahirent l'esprit d'Augusta. Elle observa la foule. Elle avait l'impression qu'une centaine d'yeux la fixaient. Ils lui étaient tous familiers. Elle se souvenait de leur nom. De leurs mouvements. De leurs forces. Et de leurs faiblesses. Elle attendit, calme et immobile, que le cor de guerre retentisse. Ce jour-là, elle fut la dernière debout dans l'arène. Mais elle ne prit aucune vie. Ce jour-là, elle entendit le rugissement d'un millier de voix. Mais le murmure... n'en faisait pas partie.
« Qui est-ce ? » « C'est une plaisanterie ? C'est l'éphore Magno ! Il n'y a pas une âme à Septimont qui ne le connaisse pas. » « L'éphore... » Dans l'ombre d'un coin de rue, Augusta prit la dernière bouchée de son pain sec, le regard braqué sur l'imposante silhouette qui parlait sur la place. Il semblait avoir la trentaine. Son visage semblait ciselé dans le marbre, mais ses traits étaient adoucis par un sourire chaleureux. Alors que son discours atteignait son paroxysme, il ouvrit grand les bras. La foule lui lança un tonnerre d'applaudissements. Un champion invaincu des agôns publics. Un prodige, le meilleur gladiateur de sa génération. Il avait même vaincu sept corrosaurus des Plateaux de Sanguis et était revenu vivant, recouvert de sang de dragon. On le surnommait le « tueur de dragons ». À cette époque, les récits de ses actes étaient connus dans tout Septimont. Il était à l'écoute du peuple. Il ne rejetait aucune demande. Il régnait avec altruisme. Un éphore choisi par la volonté des masses. Beaucoup croyaient qu'il deviendrait le héros des héros de leur époque, celui annoncé par la prophétie. Pour Augusta, ce titre avait toujours semblé lointain et inatteignable. Mais pour la première fois, elle vit quelqu'un qui pouvait réellement y accéder. Une flamme s'alluma en elle. Ces prouesses qu'elle pensait exagérées, ces légendes émouvantes... Quelqu'un de son époque les avait réellement vécues. Ce qui impliquait que son rêve n'était pas fantasque. Il était peut-être à sa portée. Mais cette flamme commença à s'éteindre. Elle étudia le visage de l'homme, son regard s'attardant sur son sourire impeccable... « Pourquoi quelqu'un d'aussi fort... n'a-t-il pu sauver Fabianum ? » Peu après, Augusta se retrouva face à face avec cet homme, cette question pesant toujours lourd sur son cœur. « Félicitations, jeune fille. Tu as gagné la bénédiction d'Arsinosa. Tu seras désignée nouvelle championne. » Sur le podium, Augusta fit face à Magno alors qu'il se préparait à attacher la médaille sur sa poitrine. Mais derrière le sourire qu'il s'efforçait d'afficher, elle vit des yeux empreints de lassitude. Le héros qu'elle s'imaginait autrefois n'était plus. Tout comme la flamme. Le guerrier autrefois surnommé le tueur de dragons avait disparu. Augusta accepta cet honneur en silence. Puis, juste avant de partir, elle murmura, suffisamment bas pour que lui seul puisse entendre... « Ces légendes à votre sujet... ont-elles un jour été vraies ? » Il lui répondit par le même sourire silencieux. Plus tard, un gladiateur sans nom fit son apparition dans les fosses souterraines. Il portait un heaume dissimulant son visage et une armure aussi noire que de l'obsidienne. Il combattait comme un homme n'ayant rien à perdre. Chassant uniquement les plus puissants. Aucune fioriture. Aucune dignité. Il ne combattait pas pour l'honneur. Il combattait comme s'il chassait la mort. « Le Sans-nom » accumulait les victoires à une vitesse effrayante, attirant bientôt l'attention d'Augusta. Malgré son statut de championne, elle accepta son défi. Au moment où leurs lames s'entrechoquèrent, elle comprit. Avec ou sans heaume, rien ne pouvait dissimuler ces yeux las et troublés. Elle ne comprenait pas pourquoi un éphore adulé, un héros n'ayant plus rien à prouver, s'abaisserait à combattre dans une cage ensanglantée. Mais à cet instant, rien de tout cela n'avait d'importance. L'important était le puissant adversaire devant elle et la façon dont elle pouvait le vaincre. Les lames s'entrechoquaient, encore et encore. Refusant tous deux de céder d'un pouce. Afin de mettre un terme à cette impasse, l'épée du Sans-nom commença à s'électrifier. Des arcs électriques pourpres dansèrent le long de la lame. Les éclairs se forgèrent en une arme. C'était son attaque ultime, destinée à mettre fin au combat. Dans cet éclair aveuglant, Augusta l'aperçut... La légende. Le guerrier des Plateaux de Sanguis, éclair dans la main, déchirant les nuages orageux et la détresse pour raviver l'espoir de ceux derrière lui. La Marque taciturne au dos de sa main s'illumina. Elle ne pourrait jamais invoquer un tel éclair. Son Forte n'était qu'un murmure à côté de son rugissement. Mais quand bien même... Cette faible résistance suffit à courber légèrement l'éclair. Profitant de cette infime ouverture, Augusta frappa de toutes ses forces. Un dernier coup. Après ce jour, le Sans-nom disparut des fosses. Pour le monde, il n'était qu'une des nombreuses victoires d'Augusta. Personne ne comprit qu'une légende s'était éteinte en silence. Quelque temps après, lors d'une journée comme une autre, Augusta reçut une lettre. Une invitation du Palais de l'éphore.
« Avant de poser toutes tes questions... permets-moi d'abord de t'en poser une. » « Viens-tu... de Fabianum ? » « Oui. » « C'est bien ce que je pensais. Qui aurait cru qu'une orpheline de Fabianum deviendrait la championne de Septimont ? » « Êtes-vous surpris ? » « Non, juste... navré. » Dans la salle de réception du Palais de l'éphore, le sourire caractéristique de Magno avait disparu. Même s'il était près de dix ans plus âgé qu'elle, son expression, contrastant avec la vigueur de sa jeunesse, ressemblait à celle d'un homme à l'article de la mort. « Ton coup, », dit-il soudainement, se rappelant leur duel dans la fosse souterraine, « était magnifique. Je pense que même lorsque j'étais plus jeune, je n'aurais pas pu le parer. » « Tout le monde vous considère comme un héros, » dit Augusta « alors pourquoi ne vois-je que de la résignation en vous ? » « J'ai peut-être été à la hauteur de mon statut de héros, mais pas de celui d'éphore. » « En tant que héros, je pouvais répondre aux attentes de dix... cent, voire mille personnes. Mais en tant qu'éphore, je n'ai réussi à accomplir aucune vision pour Septimont. » « Il n'existe personne de plus puissant que vous. Comment pouvez-vous prétendre être impuissant ? » « Je ne me cherche pas d'excuses. Quand j'ai accepté ce rôle, je croyais vraiment pouvoir porter le poids de milliers d'espoirs. » « Je peux me mentir à moi-même, mais pas à la réalité. Jeune fille... Je savais qui tu étais depuis le début. Le jour où tu as été emmenée à Septimont, je savais que tu étais l'ultime survivante de Fabianum. » « Ton existence pesait sur moi comme une lame prête à tomber. Et le jour où tu es devenue championne... cette lame s'est enfin abattue. Je ne pouvais plus cacher mon erreur, fermer les yeux sur la chute de Fabianum, dans le seul but de conserver ma pitoyable couronne. » « Me dites-vous cela par culpabilité ? » « Peut-être. Ou peut-être... par espoir. » Magno se leva et prit un verre dans un tiroir dissimulé sous le bureau. « La couronne m'a accordé un immense pouvoir, mais elle a aussi fait de moi un lâche. Je ne suis plus le héros dont Septimont a besoin. » Il leva le verre vide vers elle. « Porte la couronne, Augusta. Tu as vaincu tous les adversaires que tu peux voir. Il est désormais temps d'affronter ceux que tu ne peux pas voir. » « Et vous m'en pensez digne simplement parce que je vous ai vaincu ? » « Non, rien d'aussi mesquin. » Magno hocha la tête. « C'est parce que j'ai entendu ton nom. Des hauteurs jusqu'aux profondeurs de Septimont, de ses couloirs dorés à ses modestes ruelles. Le peuple, indépendamment de sa richesse, sa force, sa classe ou sa foi, a été uni par un seul nom. Et je pense qu'un jour, cette union deviendra la nouvelle force qui guidera Septimont vers l'avenir. » « J'ai été témoin du poids de ce nom de ma propre épée. C'est... la dernière chose que je peux offrir en tant qu'éphore. » « Même si tes os sont réduits en cendres, ne renonce jamais sans te battre. » Pendant un bref instant, à travers le rebord de son verre, une étincelle ralluma le regard de Magno. » Plus tard cette nuit-là, le personnel de nettoyage retrouva Magno assis sur le trône de l'éphore. Son visage était pâle, ses lèvres violettes. Du poison, lui a-t-on dit. Un verre brisé se trouvait à ses pieds, le liquide renversé scintillait en s'écoulant dans les marches. Certains prétendaient que c'était l'œuvre de ses rivaux. D'autres que c'était un cadeau du Sénat. Une mort élégante dans un verre. Mais la plupart étaient d'avis que Septimont avait besoin d'un nouveau « héros ». Et comme l'avait annoncé Magno, le nom d'Augusta commença à se répandre dans tout Septimont. Le printemps laissa place à l'automne et le trône de l'éphore accueillit sa nouvelle occupante. Augusta se trouvait à l'endroit qu'elle ne pouvait autrefois qu'observer. Elle fixa ce trône d'épines qui avait consumé tant de héros. Elle pensa à Magno, lors de cette dernière nuit. Et elle l'imagina levant son verre en l'honneur de celle qui occuperait un jour ce trône, puis vidant le poison d'un trait. Elle n'était en proie à aucun démon. Elle ne vouait de haine envers personne. Elle avait vu de ses yeux les ténèbres, mais elle savait également ce qu'était la lumière. Ses pensées étaient simples... Le héros des héros ne peut être que celui qui surpasse tous les autres héros. Et les épines du trône n'étaient d'une épreuve comme une autre. Elle s'installa et, d'une main assurée, plaça les fers et la couronne sur sa tête. « Éphore Augusta, un message de la part du Sénat. Les sénateurs demandent une audience... pour discuter d'affaires urgentes. » Le messager s'inclina devant le trône. « Très bien. » dit Augusta en souriant. Elle avait hâte de rencontrer ces « adversaires » loin de l'arène. « Je vous suis. »
Pour Augusta, la vie de héros des héros n'était pas si différente de celle d'avant. Quand les brèves célébrations prirent fin, la montagne de paperasse attendait toujours. Qu'importe la durée du frisson de la victoire, il serait toujours balayé par la silencieuse vague de la vie quotidienne. Mais ce genre de journée banale ne dérangeait pas Augusta. Les agôns déchaînaient toujours les passions. Qu'importe l'époque, Septimont restait une nation à la ferveur ardente. Tout tendait vers un avenir plus radieux. Tout le monde allait de l'avant. Pourtant, une petite chose continuait d'inquiéter Augusta. En tant qu'éphore de Septimont, elle était plus que prête à concevoir un futur radieux pour son peuple. Mais en tant qu'Augusta, elle se retrouva à s'attarder sur la note de pied de page de sa propre histoire. Depuis son enfance, elle avait toujours suivi le chemin vers la gloire. Et elle se trouvait désormais au bout. Elle avait accompli l'ancienne prophétie pour devenir le héros des héros qu'elle admirait autrefois. Elle avait rencontré ceux destinés à marcher à ses côtés et surmonté des épreuves qu'elle pensait impossibles à surpasser. Si l'on devait écrire un conte transmis de génération en génération, ce pourrait en être la conclusion. Le chapitre final du héros des héros, Augusta. Une fin parfaite. Une qui ne laissait place à aucun regret. Mais la vie n'est pas une pièce de théâtre. Elle ne s'arrête pas parce que son apogée est passé. Elle devait se demander, et voulait se demander... Quand Septimont n'aurait plus besoin d'Augusta, quand ces terres donneront naissance à de nouvelles légendes... Quand cette histoire prendra véritablement fin... Que deviendrait-elle ensuite ? Taraudée par cette question, Augusta quitta discrètement le Palais de l'éphore. Elle ne choisit aucune direction. Elle laissa son instinct la guider. Pendant son errance, elle ne cessa de se demander... Devrait-elle aspirer à davantage de puissance ? Chercher de nouveaux adversaires redoutables ? Partir à l'aventure loin de Septimont ? Ou peut-être, quand tout sera terminé, poser son épée et vivre une vie paisible ? Tant de possibilités. Tant de chemins s'ouvraient face à elle. Le temps qu'Augusta retrouve ses esprits, elle comprit qu'elle était entrée dans l'arène. Cet endroit qui lui rappelait tant de souvenirs. C'était un jour de repos. Pour une fois, l'arène était vide. Non, pas totalement vide. Comme attirée par un accord tacite, quelqu'un d'autre s'était également retrouvé dans l'arène. Son regard rencontra celui d'Augusta. Les deux sourirent, comme partageant un secret connu d'eux seuls. En un instant, toutes les inquiétudes d'Augusta se volatilisèrent. Elle n'avait pas encore la réponse. Mais elle avait encore le temps de la trouver. Il était inutile de se précipiter. « Ça fait longtemps que je n'ai pas eu l'occasion de me défouler... » « Bien... » « Que dis-tu d'un entraînement ? »
J'ai tout de suite senti ta puissance. Peu de gens me font cette impression, mais toi, tu sors du lot. C'est là que j'ai décidé : le moment venu, nous nous battrons côte à côte. Et comme tu le sais, j'ai saisi cette opportunité quand elle s'est présentée.
La duperie et la vanité sont des façades fragiles que j'ai en horreur. On doit affronter ses émotions en pleine lumière, que ce soit la joie, la douleur, l'ambition ou les ténèbres. C'est pour ça que je t'admire. Tu n'as jamais caché la flamme dans tes yeux. C'est ton honnêteté qui fait de nous des camarades.
Tu détiens un accès spécial au palais de l'éphore. Ses portes te seront donc toujours ouvertes. Hum ? Tu te demandes pourquoi ? Pourquoi vouloir savoir ? Tu es {Male=un ami cher;Female=une amie chère}, tout simplement. Si un jour tu as besoin de moi, je me tiendrai à tes côtés, quoi qu'il arrive. Je te le promets.
Le profil de Augusta a été mis à jour le : 14/07/2026