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(Cette pile de feuilles de papier semble constituer une partie d'un roman ou un essai inachevé.)
... Ziegler était seul sur son île privée, avec pour seule compagnie un cocotier et d'occasionnels crabes à cloche qui se carapataient sur la plage.
Qui était-il ? Le fils du vieux Ziegler ? L'investisseur le plus riche de Ragunna ? Un pauvre bougre qui avait tout perdu aux jeux, sa fortune et ses titres envolés ? Un artiste fou ? Un ermite ? Un pauvre marin dont le navire avait fait naufrage ?
Il contempla la mer, la douce brise soufflant dans ses cheveux grisonnants tout en caressant les vagues. L'éclat du soleil semblait lui renvoyer d'innombrables versions de lui-même, perdues dans des fragments temporels, dispersées et incomplètes. Il ressentait une solitude sans précédent, mais aussi un sentiment de satisfaction sensationnel.
Il ne pourrait jamais quitter cette île. Peut-être que le lendemain, ou le jour d'après, il pousserait son dernier soupir sous la chaleur écrasante du soleil.
Il avait épuisé tous ses miracles. La pensée lui traversa l'esprit, avant de s'envoler sans une trace. Il décida de prendre le temps d'étudier son île afin d'en graver les moindres détails dans son esprit et de combler le vide de ses souvenirs fragmentés, espérant que les ténèbres qui s'approchaient ne les réduiraient pas à néant.
(L'écriture s'arrête ici.)