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15h23. Ça fait maintenant cinq heures que je suis entrée dans la Tour. J'ai perdu près de la moitié de ce temps en choisissant le mauvais chemin.
Ma montre est presque intégralement couverte de mousse. Elle se répand à une vitesse folle. Je n'ai plus aucun doute : le temps s'écoule différemment à l'intérieur de la Tour qu'à l'extérieur… Non, toute la ville de Honami est en décalé. Je suis passée au travers d'innombrables fragments temporels, j'ai vu le gâteau de mon dixième anniversaire , les ballons et les fleurs de ma cérémonie de passage à l'âge adulte, et le laboratoire que je portais le jour où j'ai rejoint le Littoral noir.
C'était le bonheur. Irréel, comme un rêve… dans lequel je n'avais pas le droit de m'abandonner.
J'ai retiré mes gants de protection, et j'ai passé mes doigts sur les surfaces corrodées, dans l'espoir de toucher la réalité en face de moi. Étrangement, il en émanait une sensation de chaleur, comme les veines d'une créature bien vivante.
(L'écriture devient tremblotante, comme si la main qui tenait le stylo était fébrile.)
…Ou peut-être cette chaleur était-elle une hallucination née de ce froid glacial.
Mon esprit commence à sombrer, mais il est trop tard pour que je m'arrête. J'ai toujours su que le chemin serait ardu…
Et alors ? Même l'équation la plus dangereuse a besoin de quelqu'un d'assez courageux pour la résoudre.