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La vie d'une œuvre littéraire comporte deux parties : l'auteur et les lecteurs.
Le créateur lui donne vie, tandis que les lecteurs, de par leur lecture, l'aident à la prolonger de bien des manières, par exemple en la partageant ou en publiant leur propre interprétation et leur ressenti sur l'œuvre.
Certains pourraient trouver l'expression « vie d'une œuvre » déroutante, car elle semble trop abstraite comme une chose intangible.
Cependant, nous pourrions comprendre « la vie d'une œuvre » en empruntant des concepts de la vie humaine. Lorsque l'on évoque un tel concept, on se heurte inévitablement à un mot crucial, le nom. Un nom est un élément clé pour distinguer les vies individuelles, ainsi qu'un symbole d'existence. De la même manière, on peut sentir et comprendre la vie d'une œuvre directement par son nom et les divers noms qui lui sont donnés par les auteurs et les lecteurs.
Un jour, j'ai entendu une étrange histoire d'un pays à l'est : qui parlait d'une dame au teint aussi blanc que la neige, se tenant dans une tempête de neige, avec un bébé qui hurlait dans ses bras, suppliant les passants de prendre le bébé pour elle. Si une personne bienveillante accepte cette demande, elle se retrouverait bientôt incapable de le lâcher, liée à la mort par le gel.
Intriguant, n'est-ce pas ? Le simple fait d'entendre une histoire comme celle-ci suffit à stimuler les imaginaires. Et, en raison de ces imaginaires, sa vie serait fragmentée.
Mais si nous lui donnons un nom ? Par exemple... « Femme des neiges ». Le nom seul explique l'histoire et en définit l'essence.
Alors que le nom imprègne l'image de l'histoire dans l'esprit des gens, la nature inhabituelle des mots implique que chaque personne les comprend d'une façon différente après la lecture.
C'est pourquoi... la vie d'une œuvre est plus dure à contrôler que la vie humaine.
Mais si un jour la compréhension que les gens ont d'une œuvre est dévoyée, alors les mots pourraient se transformer en une arme terrible.
Que ferions-nous, alors ? Céder à la colère ? Absolument pas ! La colère est la façon la plus vulgaire d'exprimer ses émotions. En tant qu'auteurs, nous ne pouvons qu'espérer. Espérer que nos mots vivront dans leur forme la plus authentique.
— Entretien exclusif avec l'Hymne d'or